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BioUpp : du CO₂ au biométhane et … du labo à l’industrie

Née de six années de recherche à l’Institut Pascal, BioUpp développe une technologie capable de transformer du CO₂ et de l’électricité renouvelable en biométhane. Lauréate d’i-Lab en 2024, la start up clermontoise a depuis installé son premier pilote, amélioré ses performances et bouclé près de 4 millions d’euros de financements.

BioUpp : du CO₂ au biométhane et … du labo à l’industrie

Date de création : octobre 2024
Domaine : énergie – biométhanation
Statut : start-up deeptech
Effectif :  6 collaborateurs
Site : www.bioupp.com

Accompagnement : Village By CA, BpiFrance, Université Clermont Auvergne, BIO-VALO
Récompense :  lauréate i-Lab 2024 et Women TechEU 2025



Faits marquants :
0près de 4 M€ de financements réunis en 2026dont 2,4 M€ levés auprès d’investisseurs

rencontre avec :


Nadia Belkreir (Auclair) cofondatrice et présidente de BioUpp
>> LinkedIn : N. Belkreir

Née de six années de recherche à l’Institut Pascal, BioUpp développe une technologie capable de transformer du CO₂ et de l’électricité renouvelable en biométhane. Lauréate d’i-Lab en 2024, la start up clermontoise a depuis installé son premier pilote, amélioré ses performances et bouclé près de 4 millions d’euros de financements. À sa tête, Nadia Auclair-Belkreir connaît bien le chemin qui mène du laboratoire à l’industrie.

De l’industrie à la deeptech

Nadia Belkreir n’en est pas à sa première aventure industrielle. Après une thèse menée avec Alstom, elle travaille notamment pour Valeo- qui l’amène en Auvergne-  avant de rejoindre Limagrain. Chez le semencier, elle se consacre à  un sujet encore très émergent au début des années 2010 : les plastiques biodégradables et la valorisation de coproduits du maïs pour des usages non alimentaires.

Ces travaux donneront naissance en 2016 à Carbiolice, spin-off dont Limagrain et Bpifrance sont notamment actionnaires. Nadia Belkreir en prend la direction et accompagne son développement pendant cinq ans, jusqu’à une trentaine de collaborateurs et à la démonstration industrielle de sa technologie. Après le rachat de Carbiolice par Carbios en 2021, elle reste en Auvergne, en changeant de secteur puisqu’elle prend la direction de la maroquinerie de Sayat, appartenant au groupe Hermès jusqu’en 2024. 

C’est un coup de téléphone qui décide de la suite lorsque Pierre Fontanille, enseignant-chercheur à l’Université Clermont Auvergne et dirigeant de BIO-VALO, la sollicite. Ils se connaissent déjà pour avoir travaillé ensemble sur les problématiques de biodégradation. Au départ il s’agit juste d’un coup de main pour préparer le dossier pour le concours national d’innovation i-Lab.  Dossier à priori bien préparé puisque BioUpp en est lauréate en juin 2024. Et puis la suite s’accélère. BioUpp est créée quelques mois plus tard, en octobre. 

« J’ai eu trop envie de rejoindre le projet », raconte Nadia Belkreir. Deux anciens collaborateurs de Carbiolice rejoignent également l’aventure.

Concrètement : transformer une énergie difficile à stocker

BioUpp repose sur plus de six années de recherche conduites au sein de l’Institut Pascal de l’Université Clermont Auvergne et du CNRS. Le besoin de départ : l’électricité solaire et éolienne est par nature intermittente. Elle n’est pas produite de manière constante et ne coïncide pas toujours avec les moments où la demande est la plus forte. D’où l’idée de valoriser les excédents en les transformant, avec du CO₂, en un gaz renouvelable qui peut être stocké et injecté dans les réseaux existants. L’innovation adresse aussi les exploitants de méthaniseurs. Ceux-ci produisent du biométhane, mais aussi du CO₂. BioUpp cherche à valoriser ce dernier flux pour produire davantage de gaz renouvelable.

En 2024, la technologie avait été testée avec succès à l’échelle pré-pilote. Le prix i-Lab et ses 375 000 euros devaient alors permettre de passer à l’étape suivante.

Du laboratoire au terrain

Depuis 2024, BioUpp a franchi plusieurs étapes décisives. Après avoir obtenu la licence exclusive pour exploiter la technologie développée à l’Université Clermont Auvergne, l’entreprise a installé un premier pilote sur le campus, puis l’a transféré en 2026 sur la plateforme BIO-VALO.
Ce passage dans un environnement plus proche des conditions réelles d’exploitation a permis à BioUpp d’améliorer sensiblement les performances de son procédé et de déposer un nouveau brevet.

L’entreprise prépare désormais un démonstrateur industriel beaucoup plus important, avec un objectif clair : passer de la preuve technologique à une solution capable de répondre aux besoins de futurs clients.

BIO-VALO joue ici un rôle de passerelle entre recherche et terrain. La plateforme accueille le pilote actuel et contribue déjà à faire émerger des premiers cas d’usage, notamment avec un site de méthanisation dans le Cher, dans le cadre d’un projet mené avec GRDF.

Près de 4 millions d’euros pour changer d’échelle

En septembre 2026, BioUpp annonce avoir réuni près de 4 millions d’euros pour accélérer cette nouvelle étape.

Autour de la table, on trouve UI Investissement et CACF Capital Innovation, mais aussi des partenaires qui apportent une expertise directement liée au futur développement de l’entreprise : Ingérop dans l’ingénierie et le groupe Etellin dans les énergies renouvelables. Lita ouvre également le tour de table au financement citoyen, complété par le dispositif French Tech Seed de Bpifrance.

Ces financements doivent permettre à BioUpp de construire son démonstrateur, recruter, réaliser les essais nécessaires et préparer les étapes réglementaires avant les premières commercialisations.

Ancrer une vitrine industrielle à Clermont 

Reste maintenant à trouver le bon endroit pour installer ce futur démonstrateur.
Il devra être positionné à proximité d’une source de CO₂ et permettre à BioUpp de tester sa technologie dans les conditions d’une future exploitation : méthaniseur, station d’épuration ou site de traitement des déchets, par exemple.

C’est top de se dire que c’est né ici, aux Cézeaux et que BioUpp pourrait aussi s’y épanouir.

Nadia Belkreir

Pour Nadia Belkreir, rester sur le territoire clermontois ferait vraiment sens.

“ D’abord parce que toute l’histoire de BioUpp s’y est construite. La technologie est née à l’Université Clermont Auvergne, le premier pilote a pu fonctionner sur le campus et la jeune entreprise a intégré dès sa création la septième promotion du Village by CA Centre France.  On a eu la chance de pouvoir développer le projet ici », souligne la dirigeante, qui cite la réactivité de l’Université, l’accès aux experts, aux locaux, aux réseaux et aux financements comme autant d’éléments ayant accéléré les premières étapes.

Mais les caractéristiques géographiques du territoire offrent aussi des terrains d’expérimentation en lien direct avec la technologie de BioUpp : agriculture, méthanisation, traitement des eaux et des déchets… Le démonstrateur pourrait ainsi devenir une vitrine permettant d’accueillir de futurs clients, notamment des agriculteurs et des collectivités.

D’autres territoires, parmi lesquels Grenoble ou Saint-Étienne, ont déjà manifesté leur intérêt. BioUpp souhaiterait néanmoins poursuivre l’histoire là où elle a commencé.

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